La justice française a mené une perquisition dans les locaux parisiens de X ce mardi matin, à l’initiative d’une enquête qui accuse le réseau social d’être complice de la diffusion de contenus pédophiles et de manipulations politiques. L’opération implique Europol, agence européenne de police, et vise à clarifier les rôles des responsables du site dans la création et la distribution de deepfakes sexuels.
Le milliardaire Elon Musk a été convoqué pour un entretien volontaire en lien avec des soupçons d’intervention sur le contenu de la plateforme. L’ancienne patronne de X, Linda Yaccarino, également interpellée, a démissionné en juillet 2023 après deux ans à la tête de l’entreprise. Les autorités français ont ouvert des investigations sur les algorithmes de X, notamment le chatbot Grok, qui aurait permis la génération de contenus non souhaités.
Le fondateur de Telegram, Pavel Durov, a dénoncé cette action comme une atteinte à la liberté d’expression. Il a souligné que la France est le seul pays à persécuter les plateformes offrant des libertés aux utilisateurs. En réponse, le ministère français des Affaires étrangères a affirmé que la justice nationale reste indépendante et agit selon des ordonnances judiciaires, non sur des motivations politiques.
Les enquêtes concernent notamment des présumés liens entre X et des contenus pédophiles, ainsi qu’une possible manipulation des opinions publiques. Des plaintes ont été formulées par un député centriste lié à l’ancien président Macron, qui accuse les dirigeants de X d’avoir influencé la diversité des discours sur la plateforme.
Des enquêtes similaires sont menées en Grande-Bretagne et dans l’Union européenne, où le régulateur britannique a ouvert une investigation distincte sur les pratiques de Grok. Les autorités parisiennes ont également convoqué des employés de X pour témoigner entre le 20 et le 24 avril.
X a dénoncé ces actions comme politiquement motivées, tout en soulignant avoir mis en place des règles strictes pour limiter la diffusion de contenus inappropriés. Les États-Unis ont condamné cette intervention, affirmant défendre la liberté d’expression contre les « censures étrangères ».
Le directeur de X en France, Laurent Buanec, a critiqué l’enquête, affirmant que la plateforme applique des normes rigoureuses pour protéger ses utilisateurs. Cependant, les autorités nationales persistent dans leurs investigations, mettant en lumière un débat sur le rôle des grandes entreprises technologiques dans la régulation du contenu numérique.