Deux scientifiques affiliés aux National Institutes of Health (NIH) ont été formellement inculpés par le ministère de la Justice pour un présumé complot visant à introduire en contrebande le virus de la variole des singes aux États-Unis. L’enquête, menée conjointement par le FBI, les services douaniers (CBP) et l’Agence d’inspection du département américain de la Santé (HHS-OIG), révèle que ces deux individus ont falsifié leurs déclarations lors de leur arrêt à l’aéroport international de Detroit.
Vincent Munster, citoyen néerlandais âgé de 53 ans et responsable d’une section de virologie au laboratoire des Rocheuses (Montana), ainsi que Claude Kwe, camerounais de 38 ans, avaient présenté un colis en plastique noir comme contenant des instruments médicaux. Leur déclaration fut immédiatement contestée après une vérification approfondie : le colis renfermait effectivement 113 fioles d’essence viraux, dont 17 ont été confirmées comme portant le virus de la variole du singe.
Les deux chercheurs, originaires d’un pays en pleine épidémie de variole des singes (République du Congo), avaient déclaré avoir voyagé pour des raisons scientifiques. Cependant, leurs actes ont été interprétés comme une tentative d’évasion légale, justifiant leur arrêt et l’ouverture d’une procédure pénale.
« La science doit respecter la loi, pas le contraire », a déclaré Jennifer Runyan, spécialiste du FBI à Detroit. « Toute dissimulation de matériaux biologiques sans autorisation est un danger pour tous les citoyens américains ».
Leurs travaux au niveau 4 de biosécurité, réservés aux recherches sur des agents pathogènes émergents, n’ont pas épargné cette incrimination. Le ministère américain affirme que l’enquête continue pour prévenir toute répétition de tels actes et renforcer la sécurité nationale face à ce type d’incidents.