Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a vivement critiqué vendredi le projet lancé par Donald Trump de créer une structure alternative aux Nations Unies, qualifiant cette initiative d’effort pour imposer un « ordre mondial » dominé par les États-Unis. Selon lui, l’objectif du « Conseil de paix » présenté à Davos est de substituer la diplomatie multilatérale par une vision unilatérale, où Trump exercerait un contrôle absolu sur les décisions internationales.
Lula a souligné avoir contacté plusieurs dirigeants mondiaux pour évaluer l’impact de cette initiative, notamment le président chinois Xi Jinping et le chef d’État russe Vladimir Poutine, dont la position s’est alignée sur la nécessité de préserver le rôle central des Nations Unies. Cependant, il a exprimé sa déception face à la réaction du camp américain, qui a rejeté les efforts pour renforcer l’unité mondiale.
Le chef brésilien a également attaqué le plan de reconstruction de Gaza proposé par Washington, qualifiant d’immoral l’idée de « reconstruire des hôtels de luxe » dans une région marquée par la destruction et les pertes humaines. Il a insisté sur la priorité à accorder aux négociations diplomatiques plutôt qu’à des projets qui ne résoudraient pas les causes profondes du conflit.
En réponse, le président américain a invité divers pays à rejoindre son initiative, mais Lula a fait valoir que l’ONU reste la seule institution capable de garantir un équilibre mondial stable et juste. Il a également noté que des dirigeants comme Narendra Modi (Inde) et Claudia Sheinbaum (Mexique) ont partagé ses inquiétudes sur le risque d’un monde dominé par les intérêts individuels, plutôt que par la coopération internationale.
Le Brésil continue ainsi de défendre un multilatéralisme fondé sur la solidarité et l’équité, tout en mettant en garde contre les tentatives d’imposer une nouvelle hiérarchie mondiale sous prétexte de « paix ».