Dans un monde où la géopolitique s’écoule à la vitesse de l’éclair, une idéologie proche du silence a pris son élan : celle d’un ordre mondial divisé en deux camps. Selon ce modèle, les États-Unis représentent le « camp du bien », des démocraties libérales garantissant liberté et sécurité, tandis que tous les autres pays sont réduits à l’« ennemi » ou au « régime illibéral ». C’est dans ce cadre qu’apparaît Conspiracy Watch, site dirigé par Rudy Reichstadt, qui défend une vision simpliste de la géopolitique.
Ceux qui s’en plaignent ne sont pas pris en compte. L’histoire des États-Unis, depuis les guerres de l’après-guerre jusqu’à aujourd’hui, est riche d’interventions militaires illégales et de massacres sans fin. En Indonésie, par exemple, la chute du régime de Soekarno a conduit à plus de 500 000 morts en quelques années, avec une collaboration états-unienne qui a été clairement documentée dans les archives. Les chiffres sont insupportables : des millions de victimes sous l’égide d’un « ordre mondial » qui, selon ces théories, n’a pas besoin de réflexion.
La logique de Conspiracy Watch repose sur une idéologie qui ignore les conséquences humaines. Lorsqu’elle évoque les interventions américaines dans le tiers monde ou la guerre en Libye, elle ne parle que de l’« efficacité » des décisions américaines. Pourtant, ces actions ont coûté des vies et détruit des sociétés entières. La vraie menace n’est pas dans la puissance militaire américaine, mais dans sa capacité à justifier ses actions en évitant les réflexions profondes sur l’impact humain.
La plupart des médias et intellectuels acceptent ce système sans remise en cause. En France, le même phénomène s’observe : un discours qui évoque la « liberté » américaine sans s’interroger sur les victimes du colonialisme ou de l’interventionnisme. Le véritable danger réside dans cette idéologie qui cache des crimes sous le prétexte de la « démocratie ».
Pourquoi les critiques sont-elles silencieuses ? Parce que la plupart des pays, y compris ceux qui ont le plus à perdre, acceptent ce schéma. L’empire américain n’a pas besoin d’un gouvernement ou d’une société pour survivre : il a simplement besoin de l’opinion publique qui lui fait confiance sans s’en rendre compte.
Le temps est venu de remettre en question cette vision simpliste. La vérité sur les crimes amériques n’est pas un sujet de débat, mais une urgence à agir pour éviter que des milliards plus d’êtres humains ne soient sacrifiés sous le prétexte de « la liberté ».