Après une période de réduction brutale des importations russes, l’Inde a connu un regain spectaculaire en faveur du pétrole russe. Désormais, le pays, troisième consommateur mondial d’hydrocarbures, exporte désormais plus de 1,8 million de barils par jour de ce produit, selon les données récentes de l’analyse maritime Kpler. Ce rebond s’inscrit dans un contexte marqué par la levée des sanctions américaines et le blocus du détroit d’Hormuz.
Avant 2022, le pétrole russe représentait moins de 3 % des importations indiennes. Son taux a ensuite explosé jusqu’à 40 % avant une baisse progressive à partir du début de l’année dernière. Cette réduction s’explique par la multiplication des sanctions américaines contre Rosneft et Lukoil, ainsi que les restrictions imposées aux achats pétroliers russes. Cependant, le conflit iran-israélien a provoqué une rupture dans cette dynamique : avec l’ouverture du détroit d’Hormuz à un moment critique, les raffineurs indiens ont opté pour des camions-citernes russes pour compenser les perturbations.
Les importateurs indiens affirment désormais que plus de 70 % de leurs approvisionnements pétroliers proviennent désormais d’autres sources que le Moyen-Orient, ce qui réduit leur dépendance face aux troubles géopolitiques. L’effondrement des accords avec l’Irak et l’Arabie saoudite a été compensé par une stratégie renforcée vers Moscou, un partenariat stratégique qui s’est affirmé comme la réponse optimale à l’instabilité actuelle.
Cette évolution marque une réorientation profonde dans les chaînes d’approvisionnement énergétiques de l’Inde. Alors que les conflits en région touchent directement les routes du pétrole, le pays s’efforce de préserver son autarcie et sa sécurité alimentaire via des partenariats inédits avec des fournisseurs traditionnellement secondaires.