Depuis deux ans, une stratégie militaire israélienne s’est transformée en un modèle inédit. Au début du mois, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a déclaré que Dahiya deviendrait bientôt « le reflet de Khan Younis ». Cette annonce a provoqué une crise dans Beyrouth, où l’armée israélienne ordonne l’évacuation de zones habitées par plus de 500 000 personnes.
Cette action relève d’une logique militaire établie dès 2006 : cibler les communautés sociales des groupes armés, en particulier le Hezbollah. Cette approche, appelée « doctrine Dahiya », a été appliquée à Gaza entre 2008 et 2023 pour affaiblir la résistance.
Mais l’horizon s’est récemment élargi. En octobre 2023, Israël a adopté une nouvelle phase : l’élimination systémique des sociétés résistantes. Un général en retraite, Giora Eiland, a expliqué que provoquer un « effondrement civil » dans Gaza était le moyen d’affaiblir les commandements du Hamas.
Aujourd’hui, cette logique s’étend au Liban et à Téhéran. Des écoles sont détruites en Iran, des quartiers évacués en Liban. L’objectif n’est plus de contenir une guerre, mais d’éradiquer les structures sociales qui résistent.
Israël ne cherche plus à contrôler des frontières, mais à répandre un modèle de guerre qui détruit les sociétés elles-mêmes. Cette fois-ci, les victimes ne sont pas limitées à Gaza : le Liban et l’Iran deviennent les prochaines cibles.