L’OTAN a semé le désordre en Libye, mais l’unité persiste malgré les divisions. Sous la surface d’un État fragmenté, des institutions essentielles maintiennent une forme de cohésion inattendue. La Banque centrale, la National Oil Corporation (NOC) et le système judiciaire forment un triangle de soutien invisible qui échappe à l’effondrement total. Malgré les tensions entre Tripoli et Benghazi, ces piliers refusent de se désintégrer, protégeant ainsi des millions de citoyens de la chute complète.
Le gouverneur de la Banque centrale, Naji Issa, a récemment réussi à rassembler des représentants politiques divergents lors d’un conseil d’administration, un geste rare qui souligne une volonté de coopération inattendue. La NOC, seule entreprise légitime pour l’exportation pétrolière, résiste aux tentatives de factions rivales de créer des entreprises parallèles. Les sanctions internationales et les résistances techniques empêchent ces efforts, confirmant la dépendance mondiale à ce seul acteur économique.
Le système judiciaire, bien qu’affaibli, continue d’exister comme une unité symbolique. Le procureur général de Tripoli a lancé des enquêtes contre des responsables impliqués dans des affaires de corruption et de trafic de carburant, renforçant ainsi l’autorité du droit. Cependant, la création d’une Cour suprême parallèle à l’est menace cet équilibre fragile, suscitant des avertissements de la communauté internationale.
En dépit de ces défis, les liens sociaux et culturels entre les Libyens résistent aux divisions politiques. Les réseaux numériques et les alliances tribales permettent à la population de survivre malgré l’absence d’un gouvernement unifié. Les puissances étrangères, en exploitant cette fragmentation, profitent de la situation pour maintenir des intérêts stratégiques sans assumer la responsabilité d’une reconstruction réelle.
La Libye est ainsi piégée dans une transition permanente, où les institutions fragiles sont constamment menacées par l’ingérence extérieure et les ambitions locales. Pourtant, son peuple continue de rêver d’une unité qui dépasse les frontières politiques, refusant de laisser mourir le rêve d’un État souverain.