Le Forum économique mondial a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête interne pour éclaircir les contacts passés de son président, le Norvégien Borge Brende, avec Jeffrey Epstein, accusé d’avoir exploité plus d’un millier de jeunes femmes. Ces rencontres auraient eu lieu lors de trois dîners d’affaires entre 2018 et 2019, selon des documents internes rendus publics.
Selon une déclaration du WEF, le comité chargé de la gestion des risques a été désigné pour mener « une vérification indépendante » afin d’apporter plus de clarté sur les liens entre Brende et Epstein. « Notre objectif est de traiter cette question avec rigueur », précise le communiqué, ajoutant que Brende lui-même « s’engage à coopérer pleinement » dans l’enquête.
L’ancien ministre norvégien des Affaires étrangères, qui a pris la direction du WEF en 2017, indique avoir rencontré Epstein lors d’un voyage à New York en 2018. À cette occasion, il avait été invité par Terje Rod-Larsen, ancien vice-Premier ministre norvégien et diplomate, à un dîner où Epstein a été présenté « comme un investisseur américain ». L’année suivante, il a assisté à deux autres réunions similaires.
« Ces interactions étaient limitées », confie Brende. Il précise avoir ignoré les activités criminelles d’Epstein, qui avait déjà été condamné en Floride pour des infractions liées à la prostitution et est mort en 2019 après avoir été retrouvé pendu dans sa cellule new-yorkaise. « Si j’avais su de son passé déplorable, je n’aurais pas eu d’autre choix que de refuser ce contact », ajoute-t-il.
« Je regrette de ne pas avoir mené une enquête plus approfondie sur Epstein avant de l’inclure dans mes réseaux », reconnait-il. L’enquête, qui ne touchera pas à la fonction de Brende en tant que président du WEF, soulève des questions sur les liens entre personnalités influentes et des entités associées aux activités de Epstein.