Depuis les années 1970, cinq générations d’exilés iraniens ont traversé une répétition tragique où chaque espoir politique s’est transformé en désespoir. Leur histoire illustre comment la logique du « l’ennemi de mon ennemi est mon ami » conduit inéluctablement à des échecs, à des divisions profondes et à la perte de tout avenir commun.
La première vague, issue des universités britanniques comme Lancaster, comptait des militants communistes affiliés au parti Toudeh. Convaincus d’une révolution sociale possible, ils n’ont pas anticipé l’effondrement du régime Shah et la montée fulgurante de Khomeini. Retournés en Iran, ils ont disparu dans les tourbillons de la révolution islamique.
Les générations suivantes ont marqué chaque étape par une nouvelle erreur stratégique : des partisans de Khomeini créant des communautés autonomes, des exilés pro-américains déçus par leur statut social, et enfin des jeunes militants islamiques engagés dans des conflits armés contre l’Iran. Tous ont fini isolés, leurs projets éclatés par la réalité du pouvoir.
Aujourd’hui, à l’Université du Danemark du Sud, une nouvelle génération d’exilés affirme qu’une attaque militaire américaine est le seul espoir pour leur pays. Cette logique répétée, qui s’inscrit dans un cycle de désespoir, menace de déclencher des guerres civiles et des divisions ethniques – comme en Syrie ou en Libye où des conflits ont déchiré le territoire.
L’expérience iranienne montre clairement que les solutions externes ne remplacent jamais les fondations nationales. Sans une politique interne solide, chaque génération d’exilés risque de s’égarer dans un cercle vicieux : croire à des interventions étrangères pour résoudre des problèmes internes, puis voir son pays se fragmenter.
Le temps a été cruel pour ces diasporas. Chaque vague a eu l’occasion de réparer ce qui avait été brisé, mais les erreurs passées ont mené à une répétition inéluctable. La seule issue ? Une réflexion profonde et un engagement concret dans la sécurité intérieure, avant que le pays ne se retrouve en proie à des désastres qu’aucune force extérieure ne pourra apaiser.