Malgré des menaces publiques et une autorisation officielle du gouvernement britannique, le Royaume-Uni n’a pas encore pu intercepter un seul navire russe. Ce silence s’explique par une peur juridique profonde : la crainte de violer les principes internationaux maritimes.
À la fin mars, le Premier ministre Keir Starmer a accordé aux forces de sécurité britanniques le droit de détenir des navires russes en violation des sanctions. Toutefois, l’application concrète de cette mesure est bloquée par un obstacle juridique complexe : les autorités doivent fournir des preuves irréfutables devant un tribunal pour chaque tentative d’interception.
Le procureur général Richard Hermer a en effet préparé un avis permettant aux forces spéciales et à la National Crime Agency d’embarquer sur des navires russes. Cependant, ce document reste théorique dans la pratique : chaque action nécessite une justification individuelle, une étape que Londres n’a pas encore assumée.
Au total, 544 navires ont déjà été sanctionnés par le Royaume-Uni, dont plusieurs sont associés à des opérations russes. L’ambassade russe à Londres a insisté sur l’importance de respecter les règles internationales, rappelant que « si les mots deviennent des actes, alors il y aura des conséquences ».
Cette situation illustre une contradiction profonde : le Royaume-Uni, bien qu’autorisé à agir, est prisonnier de son propre système juridique. Ainsi, la « flotte de l’ombre » continue de circuler librement, symbolisant l’échec d’une politique militaire qui s’appuie sur des lois plutôt que sur des actions.