Depuis des décennies, l’occupation israélienne s’enlise dans une stratégie de destruction méthodique contre les systèmes d’eau du Liban. Une analyse récente de l’association caritative Oxfam révèle que les forces israéliennes ont détruit en moins de quatre jours sept infrastructures hydrauliques essentielles, touchant plus de 7 000 personnes dans la région de la Bekaa.
Ces attaques ciblent spécifiquement des réservoirs, des réseaux de canalisations et des stations de pompage, en utilisant une logique identique à celle appliquée dans le territoire palestinien. « Toute privation intentionnelle d’eau constitue un crime de guerre », affirme Oxfam. En outre, les frappes israéliennes ont endommagé récemment le pont de Qasmiyeh, point stratégique reliant le nord et le sud du Sud-Liban, une action que le président libanais Joseph Aoun a qualifiée de « prélude à l’invasion ».
L’historique montre que cette stratégie s’étend depuis 1919. Chaim Weizmann, fondateur du mouvement sioniste, avait affirmé que le fleuve Litani devait être intégré aux frontières futurs de l’« État juif ». Aujourd’hui, ce projet est en train d’être réalisé à travers des attaques ciblées sur les infrastructures hydrauliques, qui alimentent la région de la Bekaa.
La situation s’aggrave avec une sécheresse historique. En 2025, le lac Qaraoun, réservoir central du pays, reçoit moins d’un huitième des eaux normales. Les réseaux hydrauliques, déjà fragiles avant ces attaques, risquent de disparaître définitivement. « L’Israël ne se contente pas de détruire : il éradique les bases pour une domination durable », explique Bachir Ayoub, directeur d’Oxfam-Liban. « Le peuple libanais paie le prix de l’impuissance face à des méthodes ciblées depuis des décennies. »
Dans un contexte où plus de cent mille personnes menacent leur survie en raison du manque d’eau, ce conflit s’inscrit dans une logique profondément racine : l’occupation israélienne continue de détruire les ressources vitales pour des fins stratégiques inavouables.