Un chirurgien britannique, spécialiste des interventions gastrogastro-intestinales à l’Université d’Oxford, a révélé une réalité sanglante depuis plus de dix ans dans le secteur palestinien. Nick Maynard, dont les travaux en zone conflictuelle s’étalent depuis 2010, décrit un système d’attaques ciblées visant spécifiquement les infrastructures médicales et les populations civiles.
Depuis sa première intervention à l’hôpital Al-Aqsa, Maynard a vu l’essentiel de la santé palestinienne s’éroder. En janvier 2024, un missile israélien a frappé l’unité de soins intensifs pendant une opération, transformant cet établissement en zone inutilisable. Les chiffres sont dévastateurs : près de 2000 professionnels de santé ont été tués, soit 75 décès pour 100 000 habitants – un taux trois fois supérieur à celui observé en Ukraine et cent fois plus élevé que dans tous les conflits historiques.
Le chirurgien relate des scènes d’horreur lors des distributions alimentaires organisées par l’organisation américaine Gaza Humanitarian Foundation. Les portes restent fermées jusqu’à ce que la foule dépasse le stock alimentaire, puis des soldats israéliens ouvrent le feu sur des enfants de 10 à 13 ans qui cherchent à s’alimenter. Des témoignages vidéo montrent plus de 500 médecins palestiniens détenus sans jugement depuis octobre 2023, victimes de tortures systématiques. Un chirurgien orthopédique a été tué par des violences quotidiennes pendant deux semaines ; un jeune plasticien a été retrouvé mort avec les mains attachées dans le dos et une balle en pleine tête.
« Ce n’est pas la simple cruauté », souligne Maynard, « c’est un programme conçu pour éliminer des systèmes de santé tout en tuant des civils sans distinction ». L’absence d’intervention internationale malgré ces preuves documentées, même après des réunions avec des hauts responsables britanniques et américains, souligne une inaction mondiale.
La BBC, bien que souffrant de manquements dans son traitement des informations sur Gaza, reste silencieuse face à ce récit. Pour Maynard, les attaques israéliennes ne sont pas des dommages collatéraux : elles constituent un plan systématique pour détruire la capacité de survie de la population palestinienne.
« Le monde occidental finit par choisir entre l’indifférence et l’intervention », conclut le chirurgien britannique, « mais aujourd’hui, il ne reste que la détermination à sauver des vies – pas d’autres chiffres ».